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Arnault Ioualalen

Interview

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01/11/2014

Bonjour je m’appelle Arnault Ioualalen, j’ai 31 ans, je vis à Montpellier, j’ai un doctorat en informatique ainsi qu’un master en mathématiques. À l’issue de ma thèse j’ai décidé de porter un projet de création d’entreprise (appelée Numalis) qui vise à industrialiser mes travaux de doctorat. Pour cela je travaille avec un ingénieur programmation et mon ancien directeur de thèse. Dans ce cadre nous avons obtenu le prix i-Lab 2014 du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche en catégorie Émergence et le prix du Docteur-Entrepreneur 2014, décerné par l’AEF.

Diplômé de l’UPVD, pourriez‐vous nous présenter votre parcours universitaire ?

J’ai fait la majeure partie de mes études à Montpellier avant d’arriver à Perpignan. J’ai commencé par un DEUG (hé oui ça date) Mathématiques Informatique Appliqué aux Sciences (MIAS), suivi par une licence informatique (l’équivalent de la L3 d’aujourd’hui). À l’issu de ça j’ai fait un master recherche en informatique avec dans l’idée de faire une thèse par la suite si cela était possible. Sauf que je n’ai pas eu le sujet de thèse qui m’intéressait. De là j’ai décidé de reprendre des études en Master 1 de recherche en mathématiques vu que j’avais vraiment hésité entre les deux domaines après le DEUG. Je me suis dis pourquoi ne pas faire les deux finalement ? Et c’est lors du stage de ce second master que j’ai trouvé un sujet de thèse qui me plaisait. Un sujet qui justement nécessitait d’avoir des compétences en informatique Et en mathématiques. Ce stage et cette thèse étant à Perpignan je suis arrivé à l’UPVD à ce moment là. J’ai finit ma thèse en 2012 et j’ai fait ensuite un an d’enseignement en tant qu’Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche (ATER) à Perpignan, avant de me lancer dans ce projet de création d’entreprise.



Que vous ont apporté vos années passées à l’université ?

Pour moi l’université est un endroit qui ouvre l’esprit sur un très grand nombre de thématiques. On peut y acquérir une intuition et un point de vue assez unique en s’intéressant de manière relativement poussée sur un très grands nombres de sujets. Le parcours assez général que j’ai fait au début de l’université m’a permit tout au long de mes spécialisations successives de garder à l’esprit d’autres méthodes, d’autres points de vue pour résoudre les problèmes que je rencontrais. On se rend compte que la mécanique, la physique, les mathématiques, la chimie, l’informatique tout cela peut, à un moment donné, s’interconnecter dans certains projets. Et c’est dans ces moments là qu’on peut avoir un avis ou à minima une méthodologie qui apporte un vrai plus. Humainement parlant après c’est un des rares lieux où on peut observer une mixité sociale extraordinaire, pour quiconque est un peu avenant et ouvert d’esprit on croise des gens de différents pays (particulièrement à l’UPVD) et différents milieu. Là encore on apprend beaucoup sur les gens et le monde dans lequel on vit.


Pourriez‐vous nous expliquer en quoi consiste votre métier et quelles sont les compétences requises pour un tel poste?

Mon métier aujourd’hui est celui de porteur de projet et futur dirigeant et administrateur de la société Numalis. Actuellement mon activité est très diverse. Grâce à l’équipe que j’ai regroupé autour de moi pour ce projet j’ai pu déléguer les aspects purement techniques (à mon ingénieur) ou de recherche (à mon ancien directeur de thèse) pour me concentrer uniquement sur le projet d’entreprise. En priorité je dois trouver le marché à qui l’on va vendre la solution innovante issue de mon laboratoire. Pour ça il faut comprendre les besoins de ce marché, comprendre comment on pourra s’insérer dans sa chaîne de valeur, à quel prix et pour quel bénéfice pour le client. Cela implique de prospecter un peu tous azimuts, et donc beaucoup se déplacer pour rencontrer des directeurs d’entreprises ou des ingénieurs. Mon but c’est de mieux cerner comment ils fonctionnent dans leur métier et comment on peut les aider avec notre technologie. En clair il faut être curieux et ouvert d’esprit pour apprendre et comprendre des choses de domaines parfois très éloigné. Par exemple, je me suis retrouvé à parler aussi bien avec des géologues, des traders ou des ingénieurs de l’aérospatiale. C’est une activité essentiellement sociale mais aussi très technique car je suis le garant de la viabilité scientifique de notre solution ; en outre je dois être capable de l’expliquer de manière très simple pour les non-experts mais aussi être très précis et très technique quand je m’adresse à un ingénieur spécialiste de la question. Il faut donc être un bon vulgarisateur, ce que le métier d’enseignant forge assez rapidement (à mon sens). En parallèle de tout cela je dois trouver des sources de financements pour créer l’entreprise, participer à des concours afin d’augmenter la visibilité de notre projet, couvrir les aspects juridiques, légaux, fiscaux, la gestion de la propriété intellectuelle, les partenariats stratégiques, les recrutements, etc. Pour cela il faut être capable d’apprendre rapidement un domaine très éloigné de son domaine initial, savoir se documenter, écouter l’avis des conseillers qui nous suivent, savoir négocier de bonne foi avec des partenaires sans pour autant perdre de vue les intérêt de la future société et surtout savoir prendre des décisions et s’y tenir. Pour résumer ça dans une métaphore, je pilote le projet, je regarde à court terme, à moyen terme, à long terme, tout dois être cohérent. Pour ça j’ai des tas de cadrans m’indiquant où j’en suis sur tous les aspects, je délègue certains aspects à mes associés tout en étant régulièrement mis à jour afin de fixer le cap dans la bonne direction. C’est un métier à plein temps qui m’occupe entre 5 et 10h par jour en moyenne. Par contre c’est aussi exaltant que décourageant parfois, on gère au quotidien énormément de choses, mais on accomplit des choses qu’on n’aurait jamais pensé réussir avant.



Avez‐vous des projets à court ou moyen terme ?

Je pense que mon projet à court, moyen et long terme c’est la création, le développement et la survie de la société que je construis avec mes associés. J’espère que ce projet sera un succès et je pourrai continuer à travailler en lien presque direct avec le laboratoire dont je suis issu. Car la recherche d’aujourd’hui c’est les innovations de demain, et notre rôle en tant qu’entrepreneur c’est d’amener ces innovation sur le marché pour que tout le monde en bénéficie. Il ne faut pas avoir peur d’être ambitieux et vouloir changer le monde. Personnellement j’espère bien que dans quelques années notre projet passera à l’international et on pourra travailler avec des gens du monde entier.


Que pensez‐vous de la création du réseau des anciens à l’UPVD ?

Les réseaux sont au centre de l’économie, c’est en rencontrant des gens que l’on obtient des contacts pouvant nous aider dans tous les aspects de notre vie. Que ce soit personnel ou professionnel. J’ai longtemps sous-estimé à quel point les réseaux sont fondamentaux dans l’économie dans laquelle nous vivons. Je pensais que le mérite seul suffisait à ouvrir toutes les portes, mais ce n’est pas tout. Je ne dis pas que le copinage fait tout, les réseaux ne sont pas là pour ça, ils ont pour but de mettre les gens en confiance pour faire le premier pas. C’est sans garanti mais au moins quelqu’un d’autre l’a déjà fait et du coup ça rassure les suivants. Quand on peut se recommander de quelqu’un on augmente grandement nos chances dans tout ce que l’on entreprend, car on sait à qui on s’adresse, on sait ce qui faut éviter. De l’autre côté votre interlocuteur veut bien vous consacrer un peu plus de temps, c’est mieux que si vous débarquez de nul part avec juste un bout de papier qui dit que vous avez eu tel diplôme.



Quel(s) conseil(s) donneriez‐vous à un étudiant ou un alumni de l’UPVD?
 
Les gens que vous rencontrez dans vos études sont votre premier réseau, vous n’êtes pas en compétition vous êtes dans le même bateau. Serez-vous les coudes et garder le contact car vous ne savez jamais quand une opportunité se présentera à vous. La chance ça ne vous tombe pas dessus comme ça, ça se provoque, ça se cultive. En gardant l’œil ouvert autour de vous, en allant parfois au delà de votre zone habituel de confort vous découvrirez des opportunités nouvelles et potentiellement celles qui vous plaira le plus. C’est pour cela que l’université est intéressante car elle peut vous apprendre des domaines très divers et très différents qui à terme pourront potentiellement vous distinguer des autres et vous servir au quotidien.

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