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Esther Gomez, de la sculpture à la biologie.

  • 26 nov. 2018
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  • Catégorie : Publication
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  • Auteur : Céline Bruel
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Esther Gomez, de la sculpture à la biologie.

Voici un parcours atypique pour une femme qui ne manque pas de ténacité! Franco-espagnole, Esther a passé un Bac « art » et un BTS sculpture en Catalogne. « Je suis ensuite partie travailler à Barcelone en tant que sculptrice, mais le monde de l’art est compliqué et je n’ai jamais vraiment pu m’y intégrer », confie-t-elle. Elle devient alors saisonnière dans les Pyrénées avant d’entamer un BTS gestion et protection de la nature à Jaca en Espagne. Un diplôme de plus qui lui permet de travailler en jardinerie l’été. « A 30 ans, j’en ai eu marre de faire des saisons, je voulais tenter quelque chose de mieux. Des amis travaillaient dans l’écologie mais c’étaient des scientifiques. Et il fallait au moins cinq ans pour atteindre leur niveau ! C’était un gros challenge d’autant plus que je n’avais pas fait d’études scientifiques et que même si je parlais très bien le français, j’avais des lacunes à l’écrit… » Esther décide donc de faire une première année de biologie à Albi. «  Je voulais une petite faculté, pour avoir une meilleure proximité avec les profs ». Elle poursuit ensuite sa L2 et L3 à Perpignan car le parcours marin l’attirait beaucoup. Après un master 1 en écologie marine et master 2 en écologie terrestre elle effectue son stage de fin d’études en milieu terrestre à la réserve naturelle d’Eyne sur la gestion eco-pastorale des zones humides, car son mari travaillait en Cerdagne.

Réserve naturelle d'Eyne

 « Pendant mes 5 années d’études j’ai multiplié les stages, même courts. Dès que j’avais une ou deux semaines de libre, je trouvais le moyen de découvrir les métiers. J’ai pu ainsi expérimenter le travail en labo à Banyuls-sur-mer et à la faculté Paul Sabatier.  Une fois diplômée, je suis restée en contact avec la réserve d’Eyne. Je venais les voir régulièrement car j’avais vraiment aimé y travailler. Un an et demi plus tard, le poste de conservateur à mi-temps s’est libéré et j’y travaille depuis janvier. »

Esther est donc technicienne scientifique en charge de plusieurs missions. « Je m’occupe du suivi de la flore et la faune. Nous travaillons avec l’ensemble des acteurs locaux. Notamment avec les éleveurs pour gérer les pâturages. Ils installent leur troupeau sur des parcelles choisies et pratiquent l’alternance. La réserve réalise des inventaires que l’on partage avec les autres réserves. Nous menons ainsi des projets transfrontaliers avec la Catalogne sud et Andorre. On a ainsi détecté une nouvelle espèce de chauve-souris que l’on étudie de près.  Nous sensibilisons aussi la population avec des conférences, des sorties sur la réserve avec des élèves… »

La biologiste participe aussi au projet mondial Gloria qui étudie et analyse l’impact du réchauffement climatique sur la faune et la flore dans les zones montagneuses. Des thermomètres enterrés prennent ainsi la température toutes les heures pour connaître précisément les changements. Des inventaires d’espèces sont ensuite réalisés sur la même parcelle tous les 5 ans pour identifier l’impact sur l’écosystème. « Gérer une réserve est un job très varié et vraiment enthousiasmant car c’est absolument essentiel pour préserver des milieux sauvages » conclut Esther.

Auteur :
Céline Bruel

Staff

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