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Moaine El Baidouri, le biologiste qui a changé la vision de l'évolution des êtres vivants.

  • 19 nov. 2018
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  • Catégorie : Publication
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  • Auteur : Céline Bruel
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Il y a une règle générale en biologie, les gènes se transmettent de parents à descendant. Enfin, ça c'était avant que Moaine El Baidouri décortique un peu plus le patrimoine génétique des plantes. Etudiant en master 2 de biologie à l'UPVD, il avait été fasciné par les "transferts horizontaux" de gènes. Un gène d'une plante se transfère mystérieusement sur une autre espèce et l'affecte. Un phénomène découvert dès 1928 chez les bactéries et un peu plus tard chez les plantes, les champignons et les animaux. A l'époque, cette bizarrerie semblait rare, comme anecdotique. Mais Moaine a démontré le contraire  et bousculé les fondamentaux de l'évolution des êtres vivants... Mais avant cela, il a beaucoup persévéré.

Photo prise par Moaine pour l'étude  conduite sur les échanges génétiques (transferts horizontaux) au sein de la forêt 
de la Massane avec le Professeur Olivier.  Il s'agit de champignons (mucidule visqueuse ou Oudemansiella mucida) 
sur le tronc d'un hêtre.

Après son bac scientifique, Moaine quitte son pays, le Maroc pour étudier la biologie à Amiens. il poursuit ensuite son master à Perpignan où il enchaîne avec une thèse sur l'évolution des génomes de plantes. Il rencontre alors un professeur américain invité à l'UPVD. Un enseignant qu'il va solliciter pour un "post-doc" à Athens, aux Etats-Unis. "Je voulais vraiment travailler sur l'épigénétique dans le laboratoire de Scott Jackson. Il collaborait régulièrement avec mon directeur de thèse, je l'ai sollicité et j'ai été embauché pendant un an et demi. c'était très enrichissant, j'avais carte blanche dans mes recherches! Les thésards sortant d'universités françaises sont très bien perçus. On m'a tout de suite fait confiance en me laissant prendre des initiatives". 

Moaine est ensuite rentré en France pour raisons personnelles. Il contacte alors  l'Inra à Clermont-Ferrand. Le laboratoire lui conseille de demander une bourse du programme Marie Curie qui incite les chercheurs à revenir en France en finançant une partie de leur salaire. Il bénéficie de ce dispositif et reste 2 ans à Clermont.

Il tente alors le concours du CNRS, il échoue une première fois mais parvient à être sur liste d'attente. La deuxième fois, il n'atteint même pas la liste complémentaire. "c'était un échec total, cela me poussait à repartir aux Etats-Unis où mon ancien chef me relançait régulièrement. J'étais sur le point d'y aller lorsque des confrères de Perpignan m'ont persuadé de repasser l'épreuve. Là, je suis resté un an et demi au chômage pour peaufiner mon projet de recherche, terminer mes publications et préparer le concours." Cette fois-ci il est reçu et intègre le laboratoire génome et développement des plantes de l'UPVD. "C'est un parcours difficile où il faut s'accrocher et avancer au delà des échecs. Car en recherche, on suit beaucoup de fausses pistes ou de mauvaises méthodologies, il faut souvent tout remettre à plat. Il faut aussi être capable de faire un peu d'auto-critique pour avancer." 

Aux jeunes qui souhaitent se lancer dans la recherche, Moaine conseille d'être mobile, au moins au début de sa carrière. "Un chercheur, aujourd'hui, interagit avec des réseaux scientifiques du monde  entier!" il faut aussi savoir communiquer et présenter ses recherches de manière compréhensible, accessible et concise. On y arrive pas toujours... Mais c'est un facteur clé dans les concours de recrutement!"











Auteur :
Céline Bruel

Staff
  • biologie
  • UPVD
  • Alumni

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